Cloisons, doublages, faux plafonds : ce qui se pose
Dans le langage courant, le « placo » désigne la plaque de plâtre cartonnée : une âme de plâtre prise entre deux feuilles de carton, vissée sur une ossature métallique ou collée contre un mur. On en tire trois grands ouvrages, et quelques habillages.
La cloison
Elle divise une pièce ou en crée une : une chambre prise sur un grand séjour, un bureau, un dressing. Des rails fixés au sol et au plafond reçoivent des montants métalliques, que l’on habille de plaques sur les deux faces. Le vide entre les deux parements peut accueillir un isolant, qui atténue le passage des bruits d’une pièce à l’autre, ainsi que les gaines des prises et des interrupteurs. Une porte s’intègre dès la pose de l’ossature.
Le doublage
Il habille un mur existant. Collées sur un mur sain et à peu près plan, les plaques prennent peu de place. Vissées sur une ossature, elles forment une contre-cloison indépendante du mur : elle rattrape une paroi de travers, laisse passer des gaines ou loge un isolant, au prix de quelques centimètres de profondeur. Un doublage ne règle pas un problème d’humidité, il le cache : la cause se traite d’abord.
Le faux plafond
Suspendu sous le plafond existant, il permet de dissimuler des gaines ou une ventilation, d’encastrer des éclairages ou d’abaisser un couloir. Ses fixations s’accrochent à la structure du plancher. Spots et câbles se prévoient avant la fermeture ; leur raccordement relève de l’électricien.
Coffrages et habillages
Une descente d’eau, des tuyaux apparents, une gaine technique disparaissent derrière un coffrage en plaques, avec une trappe d’accès là où il faut pouvoir atteindre une vanne ou un raccord.
Si des travaux d’électricité, de plomberie ou de carrelage accompagnent votre projet, signalez-les dès la demande : l’ordre de passage se cale sur eux.
De la plaque à la peinture : une seule entreprise
Lorsque le plaquiste et le peintre sont deux entreprises distinctes, le premier livre des joints enduits et le second les découvre sous sa première couche. Si une bande affleure, si un joint se devine en relief, il faut établir qui reprend, et à quel prix. Ici, une seule entreprise se charge de l’ossature, des plaques, des joints et de la peinture, sur un même devis : il n’y a pas de passage de relais entre deux entreprises où les responsabilités se diluent.
Trois choses en découlent.
- Les joints sont traités en vue de la peinture. Les bords amincis des plaques ménagent un léger creux où la bande et l’enduit se logent sans surépaisseur. Une peinture satinée, ou la lumière d’une fenêtre qui arrive de biais, fait ressortir les défauts de ce travail : c’est avant la première couche qu’ils se reprennent, pas après.
- L’impression n’est pas une option. Le carton de la plaque et l’enduit des joints n’absorbent pas la peinture de la même façon. Sans impression, les joints risquent de réapparaître en bandes plus mates ou plus brillantes.
- Le niveau de finition vaut pour l’ensemble. Le devis l’écrit en toutes lettres, élémentaire, courante ou soignée, selon le NF DTU 59.1, le document technique de référence des travaux de peinture. Plus il est élevé, plus la préparation est poussée : une finition soignée demande de corriger la planéité générale, ce qui peut conduire à enduire toute la surface des plaques, et plus seulement les joints.
Ce double métier, Mourad Zlitni Trabelsi le pratique depuis plus de vingt ans, en peinture comme en plâtrerie. Le choix du niveau de finition, pièce par pièce, est détaillé sur la page peinture des murs et plafonds.
Plaque standard ou hydrofugée : quelle plaque pour quelle pièce ?
Dans les pièces sèches, séjour, chambres, entrée ou couloir, on pose la plaque standard, souvent appelée BA13 : « BA » pour bords amincis, « 13 » pour une épaisseur d’environ 13 millimètres.
Pour les locaux humides, le NF DTU 25.41 prévoit des plaques hydrofugées, dites H1 ; la norme NF EN 520 limite leur reprise d’eau à moins de 5 %. En salle de bains, on pose des plaques H1.
Hydrofugée ne veut pas dire étanche : la plaque limite l’eau qu’elle absorbe, elle ne fait pas barrage à un ruissellement. Autour d’une douche ou d’une baignoire, la protection de la paroi sous le carrelage se décide avec le carreleur, avant la pose des plaques.
Deux autres questions se tranchent pièce par pièce, avant le devis :
- Le bruit. Une cloison creuse sans isolant laisse passer les voix. Entre une chambre et un séjour, un isolant glissé dans l’ossature atténue ce passage ; la composition retenue figure au devis.
- Les charges. Meuble haut, étagères chargées, écran mural, meubles de cuisine suspendus : ce qui sera fixé sur la cloison se prévoit avant de la fermer, pour intégrer des renforts dans l’ossature. Les ajouter après oblige à rouvrir.
Les étapes d’un chantier de plâtrerie
- Vous décrivez le projet : dimensions, hauteur sous plafond, usage de la pièce, photos, année de construction de l’immeuble.
- Le devis gratuit fixe le type de plaque, l’isolant éventuel, les portes, les renforts et le niveau de finition de la peinture.
- Les sols et les pièces voisines sont protégés, puis l’ouvrage est tracé au sol et au plafond.
- L’ossature métallique est posée ; les gaines prévues par l’électricien et l’isolant éventuel prennent place avant la fermeture.
- Les plaques sont vissées sur l’ossature, joints décalés.
- Les joints reçoivent bande et enduit en plusieurs passes, chacune séchée puis poncée.
- Une impression égalise le support, puis la peinture est appliquée au niveau de finition écrit au devis.
- Après le nettoyage, la réception se fait avec vous, devis en main.
Une pose conforme au NF DTU 25.41
Les ouvrages en plaques de plâtre ont leur norme d’exécution, le NF DTU 25.41. Sa révision de février 2022 s’applique aux marchés dont l’offre a été établie à partir du 1er mai 2022. Elle couvre cloisons, contre-cloisons (les doublages), plafonds, gaines et habillages : tous les ouvrages décrits sur cette page.
Sur votre chantier, elle se traduit notamment par :
- des plaques hydrofugées H1 dans les pièces humides ;
- des joints décalés, puis traités à la bande et à l’enduit ;
- une planéité contrôlée à la règle.
La norme encadre aussi la planéité et l’aplomb des ouvrages. La peinture, elle, relève du NF DTU 59.1, dont le niveau de finition figure au devis : deux documents de référence, un seul devis pour l’ensemble.
Plâtrerie dans un immeuble parisien
L’ancien parisien pose ses propres questions, et elles se règlent avant de commander les plaques.
- Des murs rarement d’aplomb. Dans un immeuble ancien, un mur peut être bombé ou de travers sur toute sa hauteur. Une contre-cloison sur ossature crée alors une surface neuve et droite, sans chercher à redresser la maçonnerie à force d’enduit.
- Des plafonds en plâtre sur lattis. Tant que le plâtre tient, une fissure se reprend à l’enduit : c’est le travail décrit sur la page enduit et ratissage des murs. Quand il sonne creux, se détache ou forme un ventre, l’enduit n’y peut plus rien, et l’état du plafond s’examine avant de décider quoi que ce soit. Un faux plafond peut alors prendre le relais, suspendu à la structure du plancher et non à l’ancien plâtre.
- Moulures et corniches. Un faux plafond passe sous elles et les masque. Dans un séjour ancien, ce choix se pèse avant d’être fait.
- Des plaques à monter. Ce sont de grands panneaux, lourds et rigides. Une cabine d’ascenseur trop petite pour les accueillir, un escalier étroit qui tourne sur lui-même, un dernier étage sans ascenseur : l’accès se signale dès la demande.
Copropriété, horaires, protection des parties communes : l’organisation d’ensemble d’un chantier dans un immeuble ancien est détaillée sur la page peinture d’appartement à Paris.
Avant de démolir : l’amiante dans les immeubles d’avant juillet 1997
Abattre une cloison pour ouvrir une cuisine, retirer un vieux faux plafond, piquer un enduit fatigué : avant de construire, il faut parfois démolir. Deux vérifications viennent alors avant le premier coup de masse.
L’amiante
Dans un immeuble dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997, un repérage de l’amiante avant travaux peut être exigé avant ces opérations. Le code du travail le situe en amont, avant la passation des marchés, c’est-à-dire avant la signature du devis : la question se règle au moment de la demande, pas le jour du chantier. Haussmanniens, immeubles de faubourg, constructions des années 1960 à 1980 : tous ont été bâtis avant cette date.
Indiquez donc l’année de construction de votre immeuble dès votre demande, et joignez tout rapport de repérage existant. Dans un immeuble d’avant 1949, le plomb des peintures anciennes appelle aussi ses précautions : voir la page enduit et ratissage des murs.
La cloison est-elle porteuse ?
Dans un immeuble ancien, un mur d’apparence légère peut participer à la structure. Abattre un mur porteur ne relève pas de la plâtrerie, mais d’une étude de structure, à mener avant toute démolition.
Cloison, doublage, rénovation lourde : quelle TVA ?
Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, créer une cloison, doubler un mur ou poser un faux plafond relève en principe de la TVA à 10 %, comme la peinture qui les recouvre : ce sont des travaux d’amélioration, d’aménagement ou d’entretien d’un local d’habitation. Depuis la loi de finances pour 2025, il n’y a plus de formulaire d’attestation : vous certifiez sur le devis ou sur la facture que votre logement est achevé depuis plus de deux ans et que les travaux n’entrent pas dans les cas du taux normal.
Deux cas, qui concernent directement la plâtrerie, changent la donne.
- La rénovation lourde : 20 %. Le taux normal s’applique lorsque les travaux aboutissent à un immeuble neuf au sens fiscal. L’administration y range notamment la remise à neuf de plus des deux tiers des éléments de second œuvre : cloisons intérieures, planchers non porteurs, huisseries extérieures, plomberie, électricité, chauffage. Refaire toutes les cloisons d’un appartement en même temps que ses réseaux peut donc faire basculer l’opération au taux normal : ce point est vérifié au devis.
- Le doublage isolant : 5,5 %, sous conditions. Ce taux est réservé à la rénovation énergétique qui répond à des critères techniques. Pour l’isolation d’un mur donnant sur l’extérieur, la résistance thermique doit atteindre au moins 3,7 m².K/W. Un doublage n’en relève que s’il remplit ces critères : c’est confirmé au devis, jamais supposé.
Le taux normal s’applique aussi à un logement achevé depuis moins de deux ans, et à des locaux qui ne sont pas des habitations.
Avant de demander un devis de plâtrerie, rassemblez :
- les dimensions de l’ouvrage (longueur, hauteur sous plafond) ou un croquis coté ;
- l’usage de chaque pièce concernée, en précisant s’il s’agit d’une pièce d’eau ;
- les portes à intégrer, et les prises ou éclairages que l’électricien devra passer ;
- ce qui sera fixé sur la cloison : meubles hauts, étagères, écran ;
- l’année de construction de l’immeuble, et tout rapport de repérage amiante existant ;
- quelques photos des murs, du plafond et de l’accès : étage, ascenseur, escalier.
Joignez-les à votre demande sur la page devis peintre à Paris.
Qui intervient ?

Peint à Quatre Pinceaux a été créée en juillet 2026 par Mourad Zlitni Trabelsi, artisan peintre depuis plus de 20 ans, en peinture intérieure et extérieure et en plâtrerie. Découvrir le parcours de Mourad.